La Poissonnerie, Normandie

Thierry Leservoisier, éleveur laitier en Normandie, France, explique le fonctionnement de son élevage et les raisons pour lesquelles il travaille avec Alltech

Solutions Laitières

  • Une vache en bonne santé doit expulser le placenta dans les 24h après le vêlage...

  • Les protéines microbiennes sont la source la plus efficace de protéine car leur profil...

  • Alimenter les vaches pour maintenir la santé ruminale et améliorer l'activité...

  • Il est primordial d'avoir un systeme digestif pleinement fonctionnel pour assurer la...

  • L'alimentation est la principale dépense de production dans les exploitations laitières...

  • Une alimentation adéquate est un élément essentiel pour assurer aux vaches une...

  • La température ambiante et l'humidité peuvent causer un inconfort pour votre...

  • La boiterie est souvent le résultat d'une interaction négative entre la vache et...

  • La mammite est une réaction inflammatoire de la mamelle provenant d'une blessure...

  • Il est maintenant largement reconnu qu'une fertilité réduite dans les troupeaux...

 

Les challenges laitiers

Rétention placentaire

Une vache en bonne santé doit expulser le placenta dans les 24h après le vêlage. C'est une réponse immunitaire automatique, c'est pourquoi une expulsion retardée peut indiquer une faible immunité. La rétention placentaire augmente le risque de métrites et réduit la probabilité que la vache soit de nouveau gestante. Supplémenter la vache avec du sélénium organique tout au long du tarissement et de la transition est un outil nutritionnel efficace. Il est également important d'atteindre un niveau équilibré de calcium, ce dernier étant nécessaire à la contraction des muscles. Les vaches doivent recevoir une alimentation équilibrée tout au long de la période de transition. Le stress de chaleur est causé par la combinaison de la température et de l'humidité (en particulier les températures élevées durant la nuit). Cela peut entraîner une réduction de la matière sèche ingérée, de la production de lait et par conséquent, des résultats de reproduction médiocres. Les vaches sont plus particulièrement vulnérables lors de la période de transition et en début de lactation. Les mettre à l'ombre, leur fournir suffisamment d' eau, installer des ventilateurs et des pulvérisateurs d'eau, remplir l'auge de préférence le soir, tout ceci fait partie des stratégies de gestion efficace. Les nutritionnistes peuvent aider en augmentant la densité des nutriments en fonction de la réduction de matière sèche ingérée.

Les challenges laitiers

Apport de protéines

Les protéines microbiennes sont la source la plus efficace de protéine car leur profil en acide aminé est très similaire à celui du lait. Les microbes du rumen ont besoin d'un apport régulier en azote non protéique ainsi que des acides aminés et une source d'énergie pour produire des protéines microbiennes, qui sont ensuite directement disponibles pour la vache. Cependant, un éxcès d'azote non protéique peut entraîner une augmentation de l'urée dans le sang et réduire la fertilité, aussi ,il est important d'assurer un apport journalier optimal et consistant. Par la suite, les aliments optimisant la quantité d'acides aminés et de protéines microbiennes doivent être ajoutés à la ration. Optimiser la fonction ruminale peut permettre de maximiser la santé, la fertilité et les performances de l'animal.

Les challenges laitiers

La santé du rumen

Alimenter les vaches pour maintenir la santé ruminale et améliorer l'activité des microbes du rumen permettra d'augmenter l'ingestion de matière sèche et d'améliorer l'efficacité alimentaire. Ainsi plus de lait sera produit pour un coût plus faible. Le pH du rumen est un facteur important pour la santé du rumen. Si celui-ci est inférieur au seuil critique, cela peut entrainer une sub acidose. Le rumen devient alors moins efficace et les vaches sont plus vulnérables face aux autres maladies comme les fourbures et les mycotoxicoses. Un bon équilibre des sources d'energie et des fibres efficaces est important et la supplémentation avec une levure vivante qui a fait ses preuves peut aider au maintien d'un pH stable du rumen.

Les challenges laitiers

Intégrité intestinale

Il est primordial d'avoir un système digestif pleinement fonctionnel pour assurer la rentabilité des élevages laitiers. Tout d'abord, les veaux requièrent l'établissement d'une flore intestinale saine; ensuite, il est nécessaire d'apporter dans la ration les éléments nutritifs qui permettent de maximiser la croissance et l'activité de la microflore ruminale. Ainsi, la ration doit comporter des particules de taille adéquate pour former un bon tapis de fibres dans le rumen, ce qui est essentiel pour conserver les ingrédients les plus fins dans le rumen pour une fermentation maximale et également pour encourager la rumination, signe de bon fonctionnement du rumen.

Les apports en énergie fermentescibles sont le «moteur» de l'activité du rumen. Un apport varié de sources d'énergie fermentescibles accompagnées d'une culture de levure vivante sélectionnée pour son action dans le rumen aidera à résister à l'accumulation d'acide lactique dans le rumen. Cela devrait être complété par des sources de protéines ayant des vitesses de dégradation étagées dans le rumen afin que les microbes puissent «capturer» toute l'énergie et la transformer en croissance microbienne, augmentant à la fois l'intensité des fermentations et le rendement en protéines microbiennes. Certains microbes, en particulier les bactéries cellulolytiques, peuvent utiliser l'azote non protéique, de telle sorte qu'une forme à libération lente aidera à maintenir le taux d'ammoniac dans le rumen adéquat tout au long du cycle digestif. Cette forme d'azote non protéique a relargage contrôlé doit être utilisée avec des sources d'azote plus complexes et immédiatement disponibles pour une efficacité optimale.

Les challenges laitiers

Efficacité Alimentaire

L'alimentation est la principale dépense de production dans les exploitations laitières. Une transformation efficace des ingrédients de la ration cultivés ou achetés aura une incidence directe sur la rentabilité de votre exploitation. Une bonne efficacité alimentaire n'a pas seulement une importance économique, mais c'est aussi un bon indicateur de la gestion de l'alimentation de votre élevage.

Globalement, le fourrage constitue la majeure partie de l'alimentation des ruminants. Lors de la transformation de fourrage vert en ensilage, la protéolyse (dégradation enzymatique des protéines) se produit naturellement, ce qui conduit à une perte de protéines vraies. De nombreuses études ont montré qu'alimenter les ruminants avec un ensilage ayant une teneur en protéines vraies accrue augmente la production (plus de lait / gain de poids vif) par comparaison avec un ensilage ayant une teneur plus faible en proteines vraies , et ce, même si la teneur totale en proteine brute des rations sont similaires. La quantité de protéines vraies perdues lors de la phase d'ensilage peut être considérablement réduite en utilisant des technologies pour accélérer la vitesse d'acidification et la baisse du pH de l'ensilage.

Le fourrage est la source alimentaire la moins chère en élevage pour les ruminants. Un fourrage de bonne qualité contient des nutriments très digestibles et disponibles pour l'animal; Cependant, les fourrages contiennent a la fois des niveaux élevés d'oxygène et de fibres. Les producteurs devraient choisir une souche de levure capable d'utiliser cet oxygène,ainsi que de stimuler les bactéries cellulolytiques. La souche doit également stimuler la croissance des bacteries capables d'utiliser l'acide lactique produit dans le rumen afin de maintenir un bon équilibre de pH et minimiser l'acidité dans le rumen.

Les challenges laitiers

Longévité

Une alimentation adéquate est un élément essentiel pour assurer aux vaches une vie productive en bonne santé. Ainsi, il est important de surveiller attentivementle programme alimentaire de vos animaux, depuis la naissance de la génisse et tout au long de sa vie productive. De nombreuses pathologies sont en effet directement ou non liées à une alimentation inadaptée.

Les challenges laitiers

Stress de Chaleur

La température ambiante et l'humidité peuvent causer un inconfort pour votre troupeau, ce qui peut affecter les performances et la santé. Même un stress de chaleur modéré peut avoir des effets à court terme sur la productivité. Il peut également avoir un impact sur ​​la santé globale et la fertilité. Les vaches hautement productives sont plus touchées car elles génèrent plus de chaleur lors de la digestion de leur ration qu'elles consomment en plus grande quantité du fait de leur niveau de production accru.

Les vaches sont aussi plus touchées à certaines périodes critiques. Moins de 10% des inséminations pendant "un stress de chaleur" conduisent à des gestations, et les vaches qui sont stressées en début de lactation montrent une fertilité diminuée 2-3 mois plus tard en raison du développement folliculaire altéré. Les phases de préparation au vélage et le tout demarrage de lactation sont les deux points critiques autour de la période de vêlage pendant lesquelles l'impact du stress de chaleur est le plus dommageable. Le stress de chaleur en fin de gestation peut réduire le poids à la naissance du veau ainsi que la qualité du colostrum.

La gestion d'élevage et les programmes nutritionnels doivent être utilisés de concert afin de resoudre les situations ou l'ingestion est faible ou irréguliere, ce qui peut engendrer une situation d'acidose ruminale.

Gestion d'elevage:

  • Fournir de l'ombre et une ventilation adéquate
  • Optimiser l'approvisionnement en eau
  • Alimenter les animaux pendant les périodes plus fraiches à la fin de chaque journée. Distribuer 33% de l'alimentation quotidienne le matin et 67% le soir.
  • Installer des brumisateurs dans l'espace d'attente et le long de l'auge. Utiliser des gicleurs qui produisent de grosses gouttes et des ventilateurs pour assurer l'évaporation de l'eau.

Nutrition:

Les stratégies nutritionnelles à mettre en place visent à compenser la baisse d'ingestion des vaches.

  • Augmenter le ratio concentré/ fourrage dans une ration équilibrée
  • Augmenter la densité énergétique de la ration en utilisant des matières grasses protegées
  • Même si les vaches consomment moins de matière sèche, elles ont les mêmes besoins journaliers en quantité de minéraux et oligo-éléments. Augmenter les niveaux de ces éléments clés et les fournir sous une forme hautement disponible.

 

Les challenges laitiers

Boiterie

La boiterie est souvent le résultat d'une interaction négative entre la vache et son environnement. Gérer les boiteries doit impliquer des mesures préventives et un traitement des vaches le plus tôt possible . Une vache souffrant de boiterie peut avoir une production de lait réduite jusqu'à 2 mois avant le diagnostic effectif! Les principaux facteurs favorisant les boiteries sont un temps de repos couché et des conditions de logements insuffisants.

L'alimentation des vaches affecte l'apparition des boiteries dans deux domaines principaux: la qualité de croissance de la corne et l'apparition de fourbure. La croissance de la corne est influencée par les apports en oligo éléments, en particulier le zinc de part son implication dans la kératinisation. Il a été montré que compléter la ration avec une forme de zinc hautement disponible réduit l'incidence des boiteries. La biotine, également connue sous le nom de vitamine H ou coenzyme R est aussi bénéfique et devrait être considérée pour ses avantages à plus long terme.

Les challenges laitiers

Mammites

La mammite est une réaction inflammatoire de la mamelle provenant d'une blessure bactérienne (infectieuse) ou mécanique (non infectieuse). Les mammites infectieuses peuvent être causées par une transmission (contagieuse) de vache à vache ou à la suite d'une pression environnementale en pathogènes elevée. C'est la maladie la plus fréquente et la plus coûteuse chez les bovins laitiers. En moyenne, dans un troupeau de vaches laitières, le coût annuel est d'environ 230$ par vache, dont 70% est associé à la perte de lait qui en résulte.

Les vaches doivent bénéficier d'un environnement confortable, propre et hygiénique afin de minimiser le risque de contamination bactérienne et de lésions sur la mamelle, en particulier pendant la période de pré-vêlage. Cela devrait également être renforcé par un régime antiseptique approprié pour "vache tarie" puisqu'il a été estimé que 60% des infections démarrent au cours de cette période.

Le robot de traite est potentiellement une source importante de lésions des trayons et doit être bien entretenu pour assurer un niveau d'aspiration régulier avec un taux de pulsation constant et un remplacement régulier des manchons.

Un entretien régulier du robot est evidemment essentiel mais des précautions doivent aussi être prises pour eviter une sur-traite. La nutrition a également un rôle à jouer dans la prévention des mammites par son effet de maintien d'un système immunitaire actif.

Les challenges laitiers

Fertilité

Il est maintenant largement reconnu qu'une fertilité réduite dans les troupeaux laitiers est l'un des facteurs les plus importants qui affectent la rentabilité d'un producteur. La gestion nutritionnelle des vaches laitières a une influence directe sur les performances de fertilité, en particulier en début de lactation.

D'une façon générale, les problèmes de fertilité sont reconnus au moment de l'insémination mais, en réalité, la fertilité est un processus qui débute par la production d'un ovule de qualité, puis assure un développement correct des follicules et se termine avec une implantation réussie de l'embryon formé. Le succès de la fertilité dépend donc d'une bonne prise en charge nutritionnelle sur l'ensemble de la période, 3 mois avant l'insémination et 50 jours après.

Un confort et une gestion d'élevage inadéquats, en particulier ceux engendrant du stress, des problèmes métaboliques ou des déséquilibres nutritionnels peuvent compromettre la fertilité.

Energie

Si une vache est en bilan énergétique négatif (perte importante de poids) lors de la phase de développement de l'ovule, la qualité de ce dernier sera réduite.

Protéine

Un excès de protéines dégradables dans le rumen ( ou une énergie fermentescible insuffisante) dans la ration entraine un surplus d'ammoniac dans le rumen qui sera absorbé à travers la paroi du rumen et entraine alors un taux élevé d'urée dans le sang et le lait. Lorsque de taux élevés d'ammoniac sont produits, l'excès est circule alors jusqu'au foie ou la détoxification prend place. Cependant, cet ammoniac circulant au niveau utérin va interférer avec la mobilité des spermatozoïdes et perturber le développement embryonnaire.

Les oligo-éléments

Un bon équilibre des oligo-éléments dans les tissus de la vache est vital à la fois pour le bon développement de l'ovule et de l'embryon.